Logo ULPTCeux qui dorment dans leur voiture  
Chronique d'abonnés LE MONDE 
chronique : Ceux qui dorment dans leur voiture
par nidolga, Retraité
  Quand le travail ne permet plus de se loger.

Ça commence comme cela, on est souvent seul, plus de lien avec la famille que l'on a quitté, un travail perdu bien rémunéré puis du jour au lendemain on est licencié, on perd son logement ne pouvant plus payer et c'est pour beaucoup la voiture comme dortoir. Ensuite, après des jours voire des mois de chômage, de galère, un travail précaire, peu rémunéré ne permettant pas de payer un loyer ou n'en trouvant pas par suite de la pénurie de logements. 600 euros par mois, voire moins, avec les charges eau gaz électricité, sa nourriture, ses vêtements, son transport pour un travail partiel dans un super marché vous ne pouvez vivre en payant un loyer.

Pour beaucoup la fin de mois c'est le 15. Ce sont les composantes de ces malheureux qui dorment dans leur voiture, dans des squats, dans les gares, on va aux toilettes se laver, dans les cafés bienveillants se faire présentable, faire ses comptes, c'est la nouvelle forme de pauvreté avant la déchéance c'est à dire le bois de Vincennes sous une tente ou carrément la rue. Il suffit pour cela que votre voiture soit vandalisée pendant votre absence, il n'y a personne pour la surveiller, il ne vous reste plus que le degré inférieur, les centres d'hébergement mais les places sont chères et l'on vous remet à la rue le matin, ensuite ne pouvant plus supporter cette ambiance ce sont les gares dans les wagons abandonnés, le métro, tranquille, couché sur un banc une banquette, puis le fond du trou la rue. Votre condition physique se dégrade, vous perdez votre travail n'étant plus présentable, vous sentez mauvais et vous êtes sale.

Vos fréquentations sont à votre image, qui se ressemble s'assemble et l'on se raconte ses malheurs, et puis c'est la boisson pour oublier un instant votre misère, pour avoir chaud, comment faire autrement quand vos copains boivent. Vous êtes la proie à toutes sortes d'agressions, la misère engendre la misère et l'on devient cruel, sans âme, le chacun pour soi. Vous n'avez pas de détente, toujours sur le qui vive comment se reposer au chaud dans un cadre agréable, vous êtes fatigués puis malade et vous voyez vos compagnons d'infortune mourir à 45 ans ! C'est un film mais oh ! Combien réel.

C'est une vie brisée que nul ne peut plus réparer, vous ne pouvez vous en sortir. Il y a eu des essais par des personnes pour se rendre compte, pour mesurer la difficulté de s'en sortir, il y a quelques années. Ce n'était pas des fainéants même un industriel s'y ait mis pour voir. Elles ont vu, compris que ce n'était plus possible car vous êtes devenu un SDF, un errant qui se cache et fait la manche, mais pas tous. Nos Associations d'utilité publique comme le Secours catholique, la Croix Rouge, le Droit au logement, le Secours populaire, font ce qu'elles peuvent mais vous ne vous en sortez pas. Pourquoi que l'on ne peut remonter la pente, c'est bien simple, ceux qui sont en place ont des difficultés pour y rester, conserver ce qu'ils ont. Comment dans ce contexte revenir, la planche est savonnée, on retombe.

Combien de temps vous pouvez tenir dans votre voiture ?

Combien sont ceux qui vivent de cette façon ?

C'est une nouvelle structure de vie qui s'établit, et qui est appelée à être organisée à se développer par la constitution de lieux surveillés munis de toilettes, du nécessaire pour vivre un peu sans tomber dans la déchéance, se serait un palliatif qui pourrait remédier au manque de logements qui serait payant mais à la portée de ces personnes. La voiture qui vous appartient pourrait être un autre moyen de vie à condition que ce soit organisé.





Un Logement pour Tous :  www.un-logement-pour-tous.org