L’initiative est saluée comme une première. Dix chalets pourront accueillir vingt personnes début 2009 dans le centre-ville de Marseille (Bouches-du-Rhône). « Les constructions tout en bois prévoient même un toit végétal », se félicite Samuel Coppens, directeur de l’antenne locale de l’Armée du salut. Installées sur 2.000 m2 de terrain, ces habitations écolo pourront accueillir des couples ou deux personnes qui auront fait le choix de partager leur logement. Objectif premier : apprivoiser, en douceur, des personnes abonnées depuis très longtemps à la rue et qui refusent toute structure. « Par petites touches, nous allons essayer de les faire pénétrer notre monde à nous, précise le représentant de l’Armée du salut. Il ne s’agit pas de déployer toute une armada de travailleurs sociaux. Nous sommes devant une population qui est toujours passée à travers les mailles. Très modestement, sans tout chambouler, nous proposons à ces personnes lourdement touchées de les réintégrer. »
Le lieu est beau, propre,
apaisant, et les chalets sont coquets, le tout à deux pas d’une station
de métro du IIIe arrondissement. « Le projet consistait à limiter le
nombre de logements afin de ne pas faire de cet endroit un ghetto. La
seule chose à laquelle on veillera, c’est la sécurité. » Une équipe
légère, composée d’éducateurs, proposera son aide aux résidants tandis
que des gardiens de nuit s’occuperont de la surveillance des lieux.
Autre objectif : amener les sans-abri nouvellement hébergés à faire des
progrès, aussi élémentaires soient-ils. « Les avancées, c’est, par
exemple, dormir dans un lit, reprend Samuel Coppens, et cela peut
prendre du temps quand on a toujours dormi par terre. » L’idée est
aussi d’allier vie dehors et vie dedans. « Ce type d’habitat offre la
possibilité aux SDF d’arriver avec leur barda, leur chariot, leurs
animaux, de prendre possession d’un espace pour en faire un repère, ce
qui n’est pas toujours possible ailleurs. » Coût de l’opération :
400.000 euros, financés par le conseil général des Bouches-du-Rhône,
l’Armée du salut et la Fondation abbé Pierre.