Mobilisons nous pour lutter contre toutes les procédures d' expulsion :
Cette année, plus que les années précédentes, des familles et des
personnes confrontées à la spéculation immobilière et à la flambée des
loyers, ont été jetées dehors. Le nombre d’expulsions autorisées par les Préfets est
en hausse.
Cette situation fait suite à la circulaire du Ministère de
l’Intérieur d’octobre 2005, relative aux expulsions locatives, et aux
instructions données aux préfet de réduire les dépenses consacrées à
accorder des délais à l’exécution forcée des jugements d’expulsion.
En effet, lorsque les Préfectures attendent plus de deux mois
avant d’accorder « le concours de la force publique » pour exécuter un
jugement d’expulsion, les bailleurs demandent une indemnisation.
Le montant global de ces indemnisations est en hausse constante
depuis 20 ans, du fait de
l’augmentation du nombre de jugements d’expulsion, de l’accroissement
de la crise du logement et de la précarité.
Les procédures d’expulsion :
Les procédures d’expulsion sont encadrées par une législation précise :
un jugement définitif doit être rendu et l’expulsion forcée doit être
autorisée préalablement par le Préfet du département.
Des mesures de prévention ont été prises depuis 1990 pour limiter
le nombre d’expulsion sans résultat probant, notamment par le biais
d’aides financières aux impayés de loyers, ou de suivi social anticipé.
Malgré les dépenses élevées engagées par la collectivité publique pour
réduire et suspendre les expulsions ou secourir les familles expulsées,
les expulsions augmentent en nombre...
10% des locataires ont été l’objet d’un jugement d’expulsion depuis 10 ans :
Ces dernières années, environ 140 000 demandes d’expulsions ont été
présentées devant les tribunaux chaque année. Un peu plus de 100 000
jugements d’expulsion ont été rendus. Depuis dix ans, 9 à 10% des
locataires ont été l’objet d’un jugement d’expulsion.
La machine judiciaire est excessivement active, et des magistrats
se plaignent que les décisions soient rendues de manière automatique et
que les dispositions permettant aux juges d’accorder largement des
délais restent inappliquées...
Environ 7 décisions sur 10 concernent un impayé de loyer. Des
dispositifs de prévention des expulsions pour impayés de loyer ont été
mis en place, mais n’ont pas eu les effets annoncés. Ils ont permis de
stabiliser les contentieux et en limiter la hausse.
L’expulsion après le jugement :
Une fois les délais écoulés, une demande de concours de la force
publique est déposée par le propriétaire au préfet. Leur nombre a
augmenté de 50% depuis 20 ans . Une enquête sociale est diligentée. Le
Préfet peut « différer le concours » de plusieurs mois voire plusieurs
années.
Outre la pression exercée sur les occupants, qui reçoivent des
avis officiels ou un
jugement exposant qu’il sera expulsé « au besoin
avec la force armée », les autorités se font plus pressantes lorsque le
concours a été accordé, dont le nombre a doublé en 20 ans. Il reste
alors deux semaines au locataire pour quitter les lieux.
De plus en plus de familles restent dans le logement jusqu’à
l’intervention de la police, au risque de perdre les quelques biens de
valeurs dont ils disposent, car ils disparaissent souvent à cette
occasion. Le nombre d’expulsions exécutées a également plus que doublé
ces 20 dernières années.
Les autorités n’hésitent plus à mener des opérations de grande envergue, en évacuant les habitants d’un immeuble entier.